Argentine Sud

Du 4 au 10 novembre, direction le sud

Nous sommes un peu triste de quitter la péninsule, de quitter les baleines, on devra certainement attendre longtemps avant d’en revoir. Pour que la séparation se fasse en douceur, nous décidons de passer un jour à Madryn et de rester dans cette atmosphère… bon d’accord, surtout le temps était horrible et nous n’avons pas envie de faire de la route. Première journée tranquille camping car, jeux de cartes, dessins animés pour les filles. Les filles sont très sages, comme d’habitude, sauf au moment de les coucher (on aurait dû faire un lit superposé… pour ceux qui connaissent bien Norah, vous voyez l’ambiance du couchage, et ceci tous les soirs…).

Nous reprenons la route le 5, en direction de Trelew, où un « musée des dinosaures » nous attend. Lucie est impatiente de voir ça, elle nous en parle régulièrement depuis l’exposition de dino à Paris. Cette exposition est beaucoup plus petite, mais de haute qualité, avec des squelettes de dinosaures et des fossiles de tout temps. Il y a même certains os de Diplodocus, un fémur (whouaou !!, on pourrait sculpter une pirogue dedans), et un dessin qui représente sa taille… super génial.
 
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La ville ne représentant pas d’autre intérêt, nous quittons la ville et passons la nuit à Playa Union, (pas d’intérêt non plus). Le matin suivant, une autre belle étape : La plus grosse colonie de pingouins de Magellan au monde : de 500'000 à 1'000'000 de spécimens, on les a pas compter, mais Norah s’est amusée à essayer, et crier « ici !!! » à chaque fois qu’elle en voyait un. Nous sommes donc à Punta Tombo, nous nous promenons sur un sentier aménagé au milieu de tous ces pingouins. Nous passons un autre moment magnifique, avec un temps superbe et 22 degrés.
                                                               
Nous reprenons la route, car dans le coin, seul les pingouins sont intéressants, direction Comodoro Rivadavia, une autre étape sans grand intérêt. Sur la route, le temps se gâte de plus en plus, le vent se lève à nouveau, le ciel se charge de plus en plus, la pluie, la température chute jusqu’à -2 (de 22 à -2 en 12 heures, excusez du peu), et la NEIGE !!!! et oui, pour ceux qui nous envoie des messages de Suisse pour nous dire on se le gèle…. Ici aussi des fois.
                                                                     
Nous passons la nuit dans un camping à l’extérieur de la ville. Nous ne faisons que très rarement les campings, mais de temps en temps c’est pas plus mal, en plus la ville ne nous inspirait pas confiance.

Nous savons que le côté Est ne présente pas trop d’intérêt donc encore de la route, nous pensons être à Ushuaia dans 2 semaines, et attaquer les Andes. Nous continuons notre descente  et nous arrêtons à Puerto Deseado, petite bourgade tranquille, le soir, on se lâche et on se fait un restaurant. On se régale, Marc avec un bon Bife (steak) de bœuf et Laure avec des calamars.

Je profite pour faire une parenthèse « bouffe » et donner des conseils aux prochains voyageurs. Si l’argentine à une viande excellente, même extraordinairement excellente… Ils ne savent pas la cuire. Il faut absolument demander saignant ou bien rouge, faute de quoi, le meilleur bœuf du monde se transforme en semelle quelconque.

Mais une fois que vous savez demander ça…. C’est juste un régal et le couteau est presque une décoration à côté de votre assiette.  Les prix ne sont plus les mêmes depuis 2004, même si ils sont encore très abordables par rapport à nos prix européens. Il y a en revanche de grosses quantités, donc les restaurants ont l’habitude que nous ne commandions rien pour les enfants. Ils vous aporterons des assiettes vides sans problèmes. Au début, nos habitudes d’européens nous faisons commander un plat par personne, et des menus enfants, ou un plat en plus si pas de menus en enfants…. Quel gâchis.. impossible à finir. Maintenant nous avons pris le pli et savons commander. Un bon restaurant nous revient pour les 4 à environ chfr 30.- / chfr 35.-.

Par contre se faire soit même à manger est très bon marché, même pour la viande. Un superbe bœuf d’une qualité introuvable en Suisse : chfr 9.- le kilo. On se fait donc super plaisir avec un repas à chfr 5.-. L’aventure étant toujours faite d’imprévu et de faux frais, nous mangeons très souvent au camping car, mais c’est un vrai plaisir.

Revenons à notre voyage. La ville de Puerto Deseado ne représente qu’un seul intérêt : sa réserve naturelle, la Ria Deseado. Vue superbe, et une piste de 10 km avec des décors sublimes.
                                                             
Après l’avoir quitté, nous avons regretté de n’être pas resté un jour de plus et de faire du camping sauvage dans cette réserve… nous quittons ces mélanges de verts, bleus, ocres pour continuer vers le sud et un arrêt à Puerto San Julian. C’est décidé, nous allons en tout cas passer 2 nuit ici, on s’arrête en face de la mer, il y a un parc pour les filles, elles nous demandent « on peut y aller demain »,nous demande Lucie « on va au pac » nous demande Norah . bien-sûre on ira.

 

 

Du 11 au 16 novembre, direction Terre de Feu

Nous passons donc  2 jours tranquilles à Puerto San Julian, pas que la ville nécessite d’y rester, mais nous ne voulons pas reprendre la route tout de suite. Les villes et les parcours se ressemblent beaucoup, on a même hâte de voir enfin des montagnes. Le plat de la pampa et ses horizons nous ont surpris au début, mais il faut reconnaitre qu’on a envie de changement et voir du relief.

A l’office du tourisme on nous recommande de faire une piste appelée « circuito Cortero », on adore faire ces 2 ou 3 heures de pistes, pour y voir encore cette mer extraordinaire de contrastes, ces rochers, falaises et même des lions de mer (bon on avoue, les filles ne les ont pas vu, car il fallait se pencher depuis une falaise, et franchement dangereux…. Mais votre narrateur n’écoutant que son courage s’est suspendu malgré tout dans le vide pour faire une photo…. Tout à fait inutile).

                                                                 

Après cette charmante petite excursion, nous reprenons la route, avec cette envie, ce rêve si proche de nous maintenant : La Terre de Feu, n’est plus qu’à  quelques centaines de km.

Nous roulons jusqu’à Santa Cruz, une ville sans intérêt sauf si vous aimez les bateaux échoués sur la plage… pour faire joli.

Donc pas grand-chose à se mettre sous la dent et vous ne trouverez pas de photo non plus (navré pour les amateurs de bateaux échoués sur la plage pour faire joli), nous passons une nuit à l’intérieur de la ville à l’abri du vent qui aime faire tanguer notre vagabundo de véhicule.

Nous passons ensuite 2 jours à Rio Gallegos, la plus grande ville de Patagonie, un peu de shopping , nous laissons notre véhicule en bord de mer, et à notre seconde nuit, nous assistons à « 25 flics à Rio Gallegos » : juste à côté de notre camping-car, des jeunes se sont fait arrêter, et c’est très vite devenu l’attraction de la Ville. Les 4 jeunes menottés et laissés à terre pendant plus d’une heure avec un vent glaciale (pour sûr ils ont encore un gros rhume), et des centaines de curieux qui regardaient les flics, les voitures qui s’arrêtaient dans tous les sens provoquant des bouchons, et nous juste à côté dans notre camping-car au chaud, avec une vue panoramique en train de se demander si nous pouvons profiter de l’occasion pour aller vendre des popcorns…

Attitude très étrange des policiers qui laissent les gens s’approcher, et encore plus de toutes ses personnes, juste autour en train de regarder et se fendre la malle et de rester à attendre on ne sera jamais quoi. Pour sûr notre place était très enviée.

Nous quittons Rio Grande le matin suivant avec une seule idée en tête : ce soir nous dormirons en Terre de Feu. Pour ce faire un passage obligé par le Chili. Et oui, le territoire de la Terre de Feu a été découpé entre le Chili et l’Argentine et nous n’avons pas d’autre choix que de faire se passage en douane très stricte, pas de viande, pas de fruit, pas de lait, pas de miel…. Plein de choses qu’on avait, mais les douaniers ont été très cool. Ils nous ont laissé cuire la viande, cuire les œufs, afin de les passer comme ça…

Après notre moment dinette, nous passons la douane et roulons une petite heure pour prendre un ferry. Moment très symbolique, en face de cette terre tant attendue, la Terre de Feu, on a un frisson qui nous parcourt le dos en regardant l’horizon, on a déjà l’impression que le ciel et les couleurs sont différentes (j’avoue, c’est sûrement dans la tête), on attend ce ferry, il arrive enfin, on attend un peu et enfin on embarque au milieu des camions, passage obligé des poids lourds pour aller au bout du monde, à Ushuaia.

On se retrouve sur ce bout de terre et on est bien ravi d’y être, nous sommes donc toujours au Chili, nous roulons encore un peu, sur une piste de près de 120 km, nous sommes fatigues et nous nous arrêtons au milieu de nulle part pour passer la nuit. Au réveil, encore un peu de piste et retour sur le territoire argentin et direction Rio Grande ou nous passons une nuit.

Sur ces routes de terre de feu nous voyons énormément de Guanacos, les cousins des Lamas, (on les trouve plus gracieux… pas seulement parce qu’ils ne crachent pas)bien entendu des moutons, mais que très très peu de vaches qui sont restées dans la Pampa.

On a vraiment hâte de voir enfin des montagnes, mais la queue des Andes ne se montrera que vraiment au bout du monde, nous devons donc quitter Rio Grander, pour la destination finale, la fin de la première partie de notre voyage, ou le début du vrai voyage peut-être. La destination incontournable de tous les voyageurs qui l’on presque fantasmée, le mythe de l’Amérique du Sud USHUAIA.

On commence enfin à voir des montagnes, mais que très peu car le temps est détestable (souvent dans ce coin parait-il). Le ciel est très chargé ce qui ne fait qu’intensifier le côté mystique de notre destination. Madame GPS nous dit qu’on y sera dans 1 heure…plus qu’une heure, encore une heure, le temps change très vite, ciel chargé, brouillard, presque neige, pluie, soleil, on traverse quelque stations de ski et des campings, le décors nous fait penser à des photos d’Alaska ou de Canada.

Avec ENFIN des arbres, des sapins, et des forêts laissées à l’abandon, avec des milliers d’arbre coupés, brûler ou arrachés par les vents et laissé au sol empêchant d’autres arbres de pousser, des rivières qui zig-zaguent  dans ce décors de film fantastique crée par ordinateur. On adore et notre cœur s’emballe, on passe le dernier contrôle de police, car il y en a souvent en Argentine et on arrive enfin à cette terre promise, mais on vous en parle la prochaine fois, sachez juste qu’on y est et on adore…. On va y rester 1 à 2 semaines, vos fidèles  Vagabundos  sont à Ushuaia

 
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